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  • Emmanuel Versace

Aurélien Ducroz : "Une belle revanche pour Yannick"



Depuis ses chères Alpes, Aurélien Ducroz garde un œil sur la construction de son premier Class40, Crosscall, au chantier V1D2. Plutôt content de l’avancée de son plan Lombard, ce dernier devrait toucher l’eau avant le début de la saison, début mai, Aurélien se donne comme premiers objectifs de s’aguerrir en double jusqu’au convoyage retour après la transat Jacques-Vabre 2021 qu’il fera en solitaire. Entre chaque session de ski, il ne perd pas une miette du Vendée Globe et suit chaque pas de son leader, Yannick Bestaven, avec qui Aurélien avait atteint la 4e place de la Transat Jacques-Vabre 2013 sur Watt&Sea, Région Poitou-Charentes.

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Je suis vraiment très heureux pour Yannick Bestaven (Maître CoQ. Jusqu’ici, il a montré une maîtrise impressionnante. Il est complètement dedans et ça fait plaisir à voir. Il a un bateau qui a l’air d’être à 100 % contrairement à ses deux poursuivants, Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOUT) mais ce ne sont pas des « manches » ! Il va falloir qu’il reste à l’affût. En tout cas, il fait sacrément bien marcher son bateau ! En dépit des derniers jours de galère dans le Pacifique qui lui ont « donné un coup de massue », une fois le Horn passé il était entre soulagement et fatigue. Et après une bonne nuit de sommeil, il fait maintenant vraiment bien marché son bateau. Là, son option de contournement de l’anticyclone a vraiment bien payé. Grâce à Yannick, j’ai énormément élevé mon niveau de navigateur. Nous avions terminé 4e de la Transat Jacques-Vabre 2013 en Class40. Nous avions eu de grosses conditions sur un bateau et un projet un peu montés à l’arrache mais c’était extraordinaire de naviguer avec lui. Depuis le début, il fait un Vendée Globe exceptionnel et de le voir passer le Horn en tête, c’était vraiment exceptionnel. C’est une superbe revanche pour lui après le Vendée 2008 qui avait été calamiteux (démâtage seulement 24h après le départ). Il semble vraiment bien parti pour remporter ce Vendée même si l’affaire n’est pas encore conclue. Il reste à Yannick encore deux-trois jours décisifs avant de s’assurer la tête de la flotte. Même s’il sait qu’il bénéficie de temps additionnel pour s’être dérouté pour le sauvetage de Kevin Escoffier, il ne va pas se poser de questions. Il reste bien sûr le pot au noir mais qui est tout de même moins compliqué quand on le prend à l’ouest qu’à l’est. Cela dit avec Yannick, en 2013, on est y entré en 4e et ressorti en 8e… C’était une sacrée galère ! Les belles surprises Burton, Seguin et Sorel C’est une belle revanche pour lui et pour son bateau, ex-Safran II, qui avait « lâché » Morgan Lagravière avant d’entrer dans le Grand Sud en 2016. Un peu comme V&B (ex-Groupe Bel et ex-Souffle du Nord) de Max Sorel qui n’était jamais allé plus loin que le Pacifique en deux éditions. D’ailleurs Max fait l’un des plus beau Vendée, selon moi, avec Damien Seguin (Apicil) et Louis Burton (Bureau Vallée 2). Louis a franchement osé dans ses choix de trajectoire. Toute sa navigation a été très propre et après avoir fait un stop à l’île Macquarie (réparation du hook de GV), il est tout de même revenu à la 5e place. Il a fait preuve d’une incroyable capacité de maîtrise du bateau et de choix stratégiques osés mais qui ont payés. Selon moi, Jean Le Cam (Yes We Cam !) a fait la course presque parfaite. Sans parler de Damien Seguin qui a été impressionnant jusqu’à présent en navigant propre à 100 % des capacités de son bateau.


Un scénario de dingue et des foilers dernière génération décevants Cette édition du Vendée Globe restera de tout même comme une incroyable succession de surprises avec un scénario de dingue. Le routage était compliqué et les skippers ont dû se sacrément prendre la tête ! Il y a eu jusqu’à présent assez peu d’avaries, et ça c’est plutôt cool. Par contre le peu qu’il y a eu, concernaient principalement les foilers de dernières générations. Est-ce qu’ils sont allés trop loin dans leur quête de vitesse alors qu’ils n’ont jamais pu aller aussi vite qu’ils pensaient ? On a l’impression qu’ils naviguent en permanence avec le frein parce qu’ils pourraient aller trop vite par rapport aux conditions du Sud. On a aussi vu que dans la dépression avant le Horn, Armel Tripon (L’Occitane en Provence) ,avec un foiler de dernière génération, n’arrivait pas à doubler Clarisse Crémer (Banque Populaire) alors qu’elle a un bateau de 2012 (ex-Macif) ! Je rejoins tout fait Ian Lipinski (lire dernière chronique) pour ouvrir la discussion des volumes d’étrave en Imoca. Ça a révolutionné la conception des Class40, j’imagine même pas ce qu’un Imoca60 carbone avec un scow pourrait faire !


Ends...


Picture 1: Yannick Bestaven / Muriel Vandenbempt / Maître CoQ

Picture 2: Maxime Sorel / V&B

Picture 3: Damien Seguin / Robin Christol

Picture 4: Louis Burton Atour du Monde

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